Répertoire

Tajuddin, Tazul Izan

(1969-)

Résumé biographique

Tazul Izan Tajuddin est né en Malaisie. Il étudie d'abord la musique à la Universiti Teknologi MARA (Malaisie) puis poursuit des études de composition à la Carnegie Mellon University (Etats-Unis) et y obtient une maîtrise en composition. Il complète ensuite ses études doctorales à l'Université de Sussex en 2002. Certaines de ses œuvres, comme les cycles Arabesque et Tenunan, sont marquées par les cultures orientales, notamment malaise et indonésienne, ainsi que par l'art géométrique islamique et une vision multiculturelle contemporaine.

Au nombre de ses professeurs, on compte Leonardo Balada, Juan Pablo Izquierdo, Martin Butler, Jonathan Harvey, Michael Finnissy, Franco Donatoni (Festival Manuel de Falla en Espagne), ainsi que des rencontres avec Brian Ferneyhough (lors de IRCAM 2001 à Paris) et avec Iannis Xenakis à Pittsburgh et à New York. En 1999, Henri Dutilleux le qualifiait de " compositeur très finement doué " dont la musique " semble révéler un tempérament original, épris à la fois de rigueur et d'esprit novateur ". En 2003, ses oeuvres étaient présentées dans le cadre du Asian Music Festival et il recevait une invitation de Toshio Hosokawa pour participer au Takefu International Music Festival (Japon).

Gagnant du Premier prix du Deuxième concours de composition du Quatuor Molinari en 2004, il s'est également mérité le premier prix du Toru Takemitsu Composition Award 2002 (attribué par Joji Yuasa), le premier prix du Huitième concours international de composition de musique de chambre 2003, le premier prix du 21st Japan Society of Contemporary Award 2004 ainsi que le New Millennium Composition Award 2005 (Conservatoire de Birmingham). Il était également finaliste lors du Concours de composition Edvard Grieg tenu en 2000 et de l'édition 2001 de la Derek Shiel Sound Sculpture Composition Competition.

Dans le cadre du projet Adopt a Composer Scheme 2002/03, la British Society for Promotion of New Music a retenu la candidature de M. Tajuddin pour être le compositeur en résidence du Hertford Symphony Orchestra. Ses œuvres ont été jouées en Asie, en Europe, en Australasie et en Amérique du Nord par la BBC Symphony Orchestra, le London Sinfonietta, le Tokyo Philharmonic Orchestra, le Carnegie Philharmonic Orchestra, le Malaysian Philharmonic Orchestra, le Malaysian National Choir and Orchestra, les ensembles Alter Ego (Italie), Art Respirant (Japon). Ses œuvres ont aussi été diffusées au Japon, en Espagne, au Royaume-Uni, au Danemark, en Australie et en Nouvelle-Zélande. En 2005, une courte pièce pour piano sera publiée par la ABRSM/Oxford University Press et une autre oeuvre pour piano sera créée au Kettle's Yard de l'Université de Cambridge.

M. Tajuddin dirige également ses œuvres et vit actuellement à Londres.

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Mediasi Ukiran - Tenunan VIII (2004)

Tazul Izan Tajuddin

Le titre, Mediasi Ukiran, est en malais et signifie «  Médiation de l’ornement », d’après un livre de Oleg Grabar, un spécialiste de l’art islamique. Le titre en malais témoigne de l’influence de mon patrimoine culturel. Deux sources principales ont inspiré ces oeuvres : d’abord la culture indo-malaise, puis l’art géométrique et architectural islamique. Les partitions sont écrites pour instruments occidentaux, toutefois les dimensions du son, de la composition (au sens d’organisation de matériaux) et de la notation marient des principes orientaux et occidentaux.

Le mot Tenunan tire son origine de termes malais signifiant «  tisser ». Une traduction plus adéquate donnerait plutôt « morceau de matériel tissé ». L’oeuvre est pensée en « textures » où toutes les composantes (hauteurs, techniques de jeu, dynamiques, tempis et forme générale) sont étroitement liées pour constituer une sonorité en entrelacs, une sorte de «  tissu sonore ».

L’œuvre est élaborée à partir de 5 séries de hauteurs et de 7 séries de valeurs numériques. Ces séries s’entrelacent au fil des 28 brèves sections qui composent la pièce. Les séries de hauteurs sont transposées du grave à l’aigu et certaines d’entre elles sont fracturées dans leurs registres. Certains gestes chromatiques et intervalles de prédilection (notamment la seconde mineure) sont utilisés à des fins d’ornementation.

La sonorité d’ensemble devrait être fluide, en transformation perpétuelle avec des sonorités délicates et évanescentes. L’oeuvre commence par une attaque soudaine, évoquant la sonorité du mot Kebyar, comme dans le Gamelan Gong Kebyar, qui signifie « s’enflammer brusquement, éclater ». Avec cette attaque initiale, le son s’enflamme, éclate et libère tous les motifs finement entrelacés et qui s’intègrent les uns aux autres.

Tout au long de la pièce, les motifs rythmiques sont organisés de façon aléatoire pour créer une évolution temporelle imprévisible. Avec cette organisation aléatoire, les motifs sont générés de manière organique et dans l’esprit du « rasa » (un mot sanskrit utilisé en malais), qui signifie interpréter les motifs rythmiques avec expression et imagination, dans l’esprit même de la composition.

Cette oeuvre a été composée expressément pour le Concours international de composition du Quatuor Molinari 2004 et est dédiée à Henri Dutilleux pour son soutien.

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