
Le Zéro absolu est la température où cesse tout mouvement à l'intérieur de l'atome. Le second mouvement transforme cette idée de pure immobilité en espace de méditation. Les instruments jouent avec des sourdines de métal produisant ainsi un timbre évanescent, éthéré. Au cours du mouvement, des harmonies denses et discrètement constituées par de simples mouvements conjoints alternent avec des passages libres en solo où chaque instrument libère tour à tour ses dernières énergies avant de trouver sa propre immobilité.
Le troisième mouvement, comme son titre l'indique, constitue une fusion des idées musicales des deux premiers, notamment l'usage des glissandis et la prédominance accordée aux tierces et aux tritons. Bien qu'il présente moins de stabilité harmonique que les deux mouvements qui le précèdent, il n'en finit pas moins par mener à terme les enjeux harmoniques de toute l'oeuvre. Au niveau structurel, l'image de l'ellipse se manifeste ici sous la forme d' une séquence rythmique de 3+4+3+2 mesures, réitérée pendant tout le mouvement. Cet usage de brefs membres de phrases provoque des modulations fréquentes, et souvent inattendues, du discours musical, même si ces unités sont parfois réunies en phrases plus ou moins longues, afin que la séquence soit perçue sans pour autant être toujours évidente à l'oreille. Comme dans le premier mouvement, la pulsation régulière de la musique est fragmentée par de soudaines bouffées d'énergie, et l'ouvre se conclut par une dernière convergence vers un unisson et un écho du mouvement initial.
C'est avec estime et admiration que je dédie Quantum Mechanics à mon ex-professeur Donald Erb, dont la vie et l'œuvre témoignent d'un grand compositeur, d'un grand pédagogue et d'un grand homme.