Répertoire

Rihm, Wolfgang

(1952-)

Résumé biographique

Dans la cinquantaine, l'allemand Wolfgang Rihm est à la fois l'un des compositeurs vivants dont la renommée est la plus grande sur le plan international et peut-être le compositeur le plus prolifique de notre temps avec un catalogue de 218 œuvres dans tous les genres incluant le piano, l'opéra, la musique symphonique et à ce jour 12 quatuors à cordes. Il étudia avec Stockhausen en 1972-73 et avec Klaus Huber en 1973-76. Rihm s'est cependant rapidement distancié de l'esthétique sérielle et de l'école de Darmstadt de ses maîtres. Il trouve rapidement une voix très personnelle dans un langage à la fois avant-gardiste et accessible. Pour lui la musique est avant tout passionnée : «Mon but est d'émouvoir et d'être passionné. Tout dans la musique est émotif» dit-il. Comme cela nous change de la langue absconse et hermétique de si nombreux compositeurs contemporains ! Et puis sa musique est très particulière, spontanée et changeante, avec des contrastes saisissants où les orages violents font place de façon inopinée à un calme presque étouffant - un univers singulier et presque cyclothymique.

 

Quatuor à cordes n° 4 (1979-1981)

Jean Portugais et Olga Ranzenhofer

I. Agitato, allegro - alla marcia, allegro ma non troppo
II. Con moto, allegro - andante - allegro molto
III. Adagio

Le 4e quatuor de Rihm a été écrit en 1979-81 pour le Quatuor Alban Berg. C'est une œuvre en trois mouvements. L'œuvre débute par un long passage à l'unisson des quatre instruments. Ce premier mouvement est endiablé et se déroule presque sans répit dans des rythmes très complexes et irréguliers. Une marche en rythmes pointés donne plus loin une sorte de stabilité rythmique au mouvement. Les contrastes de dynamique y sont extrêmes et presque toujours subits. Une section très lente et calme vient clore ce 1er mouvement. Le second mouvement est en trois sections. La première, marqué senza vibrato au début, est ponctuée d'accents ff très violents et très durs qui aboutissent à un tremolo d'intensité presque insupportable dans le suraigu des deux violons. S'ensuit une courte section Andante très calme et chantante. Les accents forte reprennent de plus belle et les crescendo et accelerando conduisent à la troisième section très rythmique marquée Feroce qui mène le mouvement jusqu'à sa conclusion très abrupte. Le troisième mouvement, Adagio, présente un contraste saisissant avec le reste de l'œuvre. Presque statique, les nuances ppp en sons harmoniques donnent un caractère mystérieux et réflexif au morceau, que seule une brève section rythmée et violente viendra interrompre.

Cette œuvre de Rihm peut sembler assez déroutante par son langage très personnel et par ses vertigineux contrastes stylistiques et esthétiques. L'utilisation étonnante d'éléments traditionnels en opposition avec les épisodes d'écriture plus moderne propose une fascinante et fort imaginative aventure musicale.

 

Quatuor Molinari 2009 tous droits réservés