Répertoire

Kancheli, Giya

(1935-)

Résumé biographique

Né le 10 août 1935 à Tbilisi, capitale de la Géorgie, Giya Kancheli est un des compositeurs les plus en vue en ce début du XXIe siècle. Sa musique, empreinte d’une gravité unique, frappe l’imagination par ses textures, son immense palette de couleurs et surtout par ses contrastes étonnants. Aux éclats virtuoses de bien des musiques d’aujourd’hui, Kancheli oppose un dépouillement et une simplicité qui témoignent de ses convictions et de son intégrité artistique. Tout comme celle de Sofia Gubaidulina, la musique de Kancheli respire l’Europe de l’Est, le folklore de son pays natal et une intense spiritualité. La musique de Kancheli est aussi très marquée par le théâtre, art dont il est très proche depuis longtemps car il a été le directeur musical du Théâtre Rustaveli de Tbilissi pendant vingt ans.
 

Night Prayers (1992)

Olga Ranzenhofer et Jean Portugais

De tout temps, les grandes religions ont consacré certaines heures de la journée à la prière. Ces temps forts sont connus sous le nom d’heures canoniques. L’œuvre Life Without Christmas, est en quatre parties et est basée sur ces heures : Morning Prayers, Midday Prayers, Evening Prayers et Night Prayers. Chacune des grandes prières de l’œuvre de Kancheli est orchestrée différemment et dure entre 20 et 24 minutes approximativement. Night Prayers est l’œuvre la plus intime, et est écrite pour quatuor à cordes et bande. Il existe aussi une version révisée et élargie de Night Prayers pour orchestre de chambre.

Œuvre à la fois sombre et méditative, Night Prayers est composée d’événements très intenses, d’une densité presque orchestrale, de nuances forte à triple-forte qui alternent avec des sections très douces, dépouillées et intimes, dans les nuances triple-piano à piano. La bande sonore fait entendre des sons très graves générés par ordinateur. Ces sonorités étranges semblent venir directement des ténèbres et font entendre un grondement en constant mouvement, fluctuant très peu au niveau de l’ambitus et des intervalles. À la toute fin de l’œuvre, pour clore cette prière, on entend une voix de soprano implorant l’écoute de Dieu. Laissons pour finir la parole au compositeur  : « J’essaie aussi d’explorer l’espoir dans mes œuvres, celui qui n’est pas nécessairement atteint durant notre vie, mais après. Peut-être l’entendez-vous à la fin, dans le chant du garçon soprano. Je serais heureux si Night Prayers inspirait des sentiments de tristesse, de compassion et d’espoir, parce que cette œuvre parle de la vie. »

Night Prayers a été commandé pour le Quatuor Kronos par le Beigler Trust et le Lincoln Center for the Performing Arts.

 

Quatuor Molinari 2009 tous droits réservés