Répertoire

Chmoulevitch, Vsevolod

(1970-)

Résumé biographique

Né en décembre 1970 en Russie, Vsevolod Chmoulevitch a fait ses études au Conservatoire de Saint-Pétersbourg avec Boris Tistchenko et à Lyon avec Gilbert Amy. Il a aussi fait partie des élèves du Conservatoire Américain de Musique et d'Art de Fontainebleau et a travaillé avec Philippe Manoury dans le cadre de l'Académie Musicale Européenne du Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence.

Vsevolod Chmoulevitch est vainqueur de plusieurs concours internationaux dont le Tenth International Competition for Young Composers à Hitzacker, dès 1992, jusqu'au Concours Henri Dutilleux à Saint-Pierre-des-Corps, en 1999. Il a d'ailleurs remporté le Premier prix du Premier concours de composition du Quatuor Molinari.

Ses œuvres ont été commandées entre autres par la Fondation Soros, l'Académie Européenne du Festival d'Aix-en-Provence, la Fondation Oskar Back, l'Ensemble Orchestral Contemporain de Lyon, l'Ensemble Inter-Instrumental de Châteauroux, l'Académie Musical de Villecroze et l'Usedommer Festival.

Fondateur de l'ensemble New Music Group (Saint-Pétersbourg) Vsevolod Chmoulevitch dirige ses propres œuvres de même que celles de d'autres compositeurs contemporains à la tête d'ensembles et d'orchestres divers en France et en Russie.

Il travaille dans le domaine du théâtre avec, notamment, Lev Dodine et est l'auteur d'une comédie musicale, Aibolit et Barmalei, pour le Théâtre Jeune Public de Saint-Pétersbourg.

La musique de Vsevolod Chmoulevitch est créée par des ensembles et orchestres divers (Court-Circuit, Cleveland Chamber Symphony, EOC de Lyon, Noordhollands Philharmonisch Orkest, Danel Quartet, Ensemble Novicento, Musica da Camera...) dans le cadre de festivals internationaux (Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence, Musique en Scène à Lyon, Gaudeamus Music Week, Sound Ways à Saint-Pétersbourg...) et dans les concerts en Russie, France, Allemagne, États-Unis, Italie et Pays-Bas.

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Quatuor « Romantique » (2001)

Vsevolod Chmoulevitch

Le temps qu’il m’a fallu pour écrire ce quatuor! En effet, ce projet est devenu une sorte de laboratoire où, pendant une période de trois ans, toutes mes idées les plus originales ont pris la forme d'un passage pour quatuor à cordes. Et même si la trame était établie dès le début, le contenu changeait et se modifiait sans cesse. L’étape finale a consisté à réunir tous ces éléments de « patchwork » à l'intérieur d'une seule structure globale, en accord avec la dimension dramatique et, je dirais, le « message » que je voulais mettre en valeur.

J'avais deux préoccupations majeures : développer au maximum la complexité de mon langage (car elle serait associée au « professionnalisme ») tout en cherchant à la rendre accessible aux interprètes, et arriver par des moyens d'inspiration post-sérielle (et donc sur un mode plutôt figuratif) à construire un discours que je qualifierais de « romantique » —d'où le titre. Il y avait un autre enjeu : écrire une musique rapide qui ne serait pas trop brève : c'est un des problèmes du compositeur, écrire beaucoup de notes qui passent toujours trop vite!

Le quatuor est divisé en deux mouvements : le premier, extraverti et actif, le deuxième, plus introverti, sorte de réaction au premier (je parle ici de façon très générale). Aussi, chaque mouvement contient deux parties, ce qui divise la forme en 4 épisodes qui adoptent un schéma allegro – scherzo – adagio – allegro (avec la reprise du matériau du premier épisode). Voilà qui renvoie à une forme sonate mixte, pratiquée avec tant de bonheur à l'époque romantique et dont Liszt serait le premier représentant. C'est une deuxième raison qui explique le titre que j’ai donné à ce quatuor.

Un examen de la partition montrera un travail poussé sur le rythme. En effet, deux principes s'opposent, suivant le caractère du matériau. Dans le premier cas, les lignes sont notées avec des valeurs précises, pour obtenir un caractère expressif. Dans le deuxième, les lignes aléatoires (mais quand même gérées par la pulsation extérieure) procèdent d’un monde plus destructeur (et pour cause) qui finira par absorber le premier –un autre principe romantique!

Finalement, la troisième « tache » romantique se manifeste dans l'harmonie. En effet, le premier accord, d'une sonorité intense, fait penser à Scriabine ou à Schoenberg et devient thème, en empreignant d'abord les structures verticales, puis en revenant d'une manière scandée et obsessionnelle dans le quatrième épisode.

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