R. Murray Schafer — String Quartets 1-7


Œuvres de R. Murray Schafer
Interprétées par le Quatuor Molinari
et Marie-Danielle Parent, soprano

Enregistrement et réalisation : Johanne Goyette
14-17 décembre 1999 et 15-17 janvier 2000
Conseiller musical : Jean Portugais
Adjoints la production : Valérie Leclair, Jacques-André Houle
Traduction : Jacques-André Houle
Couverture du livret : Continuum vert-violet (1999), Guido Molinari


Disque 1

1:09:38

Disque 2

1:14:11

1-3 — Quatuor n° 3 (28:35)
1- Slowly, but with great passion (10:00)
2- Allegro energico (7:20)
3- Slow: calm: mystical (11:15)
Extrait sonore : Real audio | Quicktime

4 — Quatuor n° 6 Parting Wild Horse's Mane (17:22)

5 — Quatuor n° 7 avec soprano obligé (27:34)
avec Marie-Danielle Parent, soprano
Texte chanté par le soprano
Extrait sonore : Real audio | QuickTime


R. Murray Schafer

Un mot du compositeur

R. Murray Schafer

Dans notre culture, il est rare qu'un groupe d'interprètes adopte un compositeur, comme l'a fait le Quatuor Molinari lorsque Olga Ranzenhofer me téléphona pour me dire : «Nous désirerions interpréter tous vos quatuors à cordes et nous aimerions que vous en écriviez un nouveau pour nous.»

Bien sûr, mes quatuors avaient été joués auparavant, assez fréquemment d'ailleurs par le défunt Quatuor Orford. La proposition du Molinari consistait à jouer chacun des six quatuors séparément pour ensuite les combiner lors d'un grand concert à Montréal en décembre 1999, à quelle occasion le Septième Quatuor serait créé. C'était là une proposition enthousiasmante, mais qui me troubla un temps, n'ayant jamais entendu parler du Quatuor Molinari. J'étais toutefois assez intrigué, bien sûr, pour aller les rencontrer à Montréal. Leur enthousiasme pour la musique actuelle sautait aux yeux. Quand j'ai dit que je voulais que la violoncelliste se déplace durant le nouveau quatuor, Sylvie Lambert alla immédiatement se faire fabriquer un harnais pour son instrument, lui offrant la possibilité de jouer tout en marchant et même en dansant.

Je n'ai aucune idée combien d'heures ont été consacrées à la préparation de l'ensemble des quatuors, mais chacun d'eux a été joué pour moi avec une précision cinglante et une abondante subtilité d'expression. Et le concert marathon à Montréal a vraiment eu lieu ! Le public était enthousiaste, la presse généreuse. Le Septième Quatuor a été bien reçu. Peu de temps après, un mécène m'approcha au sujet d'un Huitième Quatuor «pour le Molinari». Je serais heureux d'en écrire un neuvième, un dixième et pourquoi pas un centième pour ce merveilleux groupe de musiciens.


Résumé Biographique de R. Murray Schafer

Mireille Gagné,
directrice, Centre de musique canadienne au Québec

1933

Naissance de Raymond Murray Schafer, le 18 juillet à Sarnia, Ontario.

1939

Début de ses études de piano.

1952

Inscription au Conservatoire royal de musique de Toronto et à l'Université de Toronto. Il étudie avec Alberto Guerrero (piano), Greta Kraus (clavecin), John Weinzweig (composition) et Arnold Walter (musicologie). Il reçoit son unique diplôme, le L. R. S. M. (Licentiate, Royal Schools of Music). Durant cette période, il rencontre Marshall McLuhan. Ces rencontres occasionnelles marquent de façon significative son développement intellectuel.

1955

Il quitte les circuits « conventionnels » universitaires et s'engage dans une formation autodidacte. Il s'intéresse aux langues (le latin, le français, l'allemand, l'italien et l'arabe), à la littérature et à la philosophie.

1956-1958

Séjour à Vienne où il découvre, entre autres, l'allemand médiéval.

1958

Études en Angleterre avec Peter Racine Fricker (composition). Il travaille, pour gagner sa vie, comme journaliste (c'est durant cette période qu'il amorce ses travaux qui conduiront à la publication de son ouvrage British Composers in Interview) et à la préparation d'une édition pratique de l'opéra peu connu du poète Ezra Pound, Le Testament (1920- 21) qui a été radiodiffusé par la BBC en 1961.

1961

Retour au Canada. Il fonde les Ten Centuries Concerts à Toronto qu'il dirige durant un certain temps. Le but de cette société musicale était de faire connaître la musique rarement entendue d'hier et d'aujourd'hui.

1963-1965

Artiste en résidence à l'Université Memorial de Saint- Jean, Terre-Neuve.

1965-1975

Chargé de cours, puis professeur titulaire à l'Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique. Mise sur pied, à la fin des années soixante, du World Soundscape Project (Projet mondial d'environnement sonore) à l'U. S. F. Il reçoit des subventions de l'UNESCO et de la Donner Canadian Foundation pour l'aider à concrétiser ce projet qui porte sur l'étude des rapports de l'être humain avec son environnement acoustique. Grâce à ces études, le Canada a pris la tête dans ce domaine de recherches.

1975

Tournée de conférences en Europe. Puis, il achète une ferme à proximité de Bancroft, Ontario. Là, il compose, il écrit et il prépare de nombreux projets musicaux pour la communauté locale. Après 1984, il rachète une nouvelle ferme à Indian River et s'y installe définitivement.

Il a reçu et continue de recevoir de nombreux prix dont les principaux sont :

  • 1974 : Le Guggenheim Fellowship
  • 1977 : Compositeur de l'année du Conseil canadien de la musique
  • 1977 : Le premier récipiendaire du Prix Jules- Léger pour la nouvelle musique de chambre avec son Quatuor à cordes no. 2 «Waves»
  • 1980 : Prix international Arthur- Honegger pour son Quatuor à cordes no. 1
  • 1985 : Le Banff National Award in the Arts
  • 1987 : Le premier récipiendaire du Prix triennal Glenn- Gould
  • 1993 : Le Prix Molson des Arts du Conseil des Arts du Canada
  • 1999 : Louis Applebaum Composer's Award.

Sa production musicale et littéraire est assez volumineuse et plusieurs de ses livres ont été traduits dans d'autres langues. Plus de 25 titres sont énoncés dans son catalogue littéraire. Les titres les plus importants seraient : The Book of Noise, The Tuning of the World, E. T. A. Hoffmann and Music, Ezra Pound and Music : The Complete Criticism, Patria and the Theatre of Confluence, etc.

Son catalogue d'œuvres musicales compte les types de musique suivants :

  • drame musical : 13 titres
  • œuvres pour orchestre : 13 titres
  • œuvres pour orchestre à cordes : 2 titres
  • œuvres pour voix solo et orchestre : 13 titres
  • œuvres pour instrument solo et orchestre  : 7 titres
  • 2 œuvres pour solistes, chœur et orchestre
  • 1 œuvre pour harmonie
  • 11 quatuors à cordes
  • 21 œuvres pour voix et/ ou pour instruments
  • 18 œuvres pour chœur
  • 3 œuvres dramatiques mettant en scène un chœur
  • 3 œuvres radiophoniques et de musique électroacoustique

Enfin, plusieurs de ses œuvres ont été enregistrées sur disque.

Pour en savoir plus, il faut consulter les données du Centre de musique canadienne.


Olga Ranzenhofer et R. Murray Schafer

Olga Ranzenhofer et R. Murray Schafer

Les Quatuors à cordes de R. Murray Schafer

Olga Ranzenhofer et Jean Portugais

Depuis sa fondation en 1997, le Quatuor Molinari a régulièrement joué les différents quatuors de Schafer pour mieux les faire connaître au public et parce qu'il est convaincu que ces œuvres forment l'un des cycles majeurs de la musique pour quatuor à cordes au vingtième siècle. En décembre 1999, le Molinari organisait un événement de trois jours intitulé Le Quatuor selon Schafer qui comprenait une conférence du compositeur, une exposition, une table ronde, des ateliers publics d'analyse et un concert présentant l'intégrale des sept quatuors en une seule soirée. Le présent enregistrement a été réalisé dans la foulée de cet événement culturel montréalais.

Jouer en concert et enregistrer l'intégrale des sept quatuors de Schafer a constitué une expérience marquante pour le Quatuor Molinari. Ce fut une intense période de travail, de réflexions, de recherches et de partage avec le compositeur et avec le public. En travaillant avec l'auteur ce corpus d'œuvres, le Quatuor Molinari refaisait ainsi le parcours de près de trente années de création musicale. Mais ce qui frappait le plus les musiciens, c'est la grande unité du cycle des sept quatuors.

En effet, plus qu'une collection d'œuvres isolées, les sept quatuors de Schafer peuvent être considérés comme une seule œuvre en sept mouvements. Des liens thématiques et scéniques étroits relient ces œuvres de façon toujours surprenante. Mais surtout, un esprit s'y manifeste sans cesse, une énergie et un lyrisme très personnels rattachent ces œuvres les unes aux autres. Avec ce cycle de quatuors, Schafer réalise l'impossible synthèse entre l'unité et la diversité, entre la rigueur et la fantaisie aussi bien qu'entre le lyrisme et le jeu rythmique.

Les sept quatuors à cordes occupent une place privilégiée dans la production de R. Murray Schafer et ils sont considérés parmi ses œuvres les plus importantes. L'éclatement de la forme, l'intégration de la spatialisation sonore et les déplacements des musiciens (2e, 3e, 4e, 7e), les effets vocaux (3e), l'apport d'une bande sonore préenregistrée (4e) et même d'autres musiciens (4e, 7e), de mouvements de tai-chi (6e) ou de percussions (5e, 7e) sont autant d'éléments innovateurs dans ces quatuors. Ces apports extraordinaires ne laissent cependant jamais en reste la musique de Schafer, car les sept quatuors sont, par leurs qualités purement musicales, d'une très grande intensité et d'une très grande beauté.


Quatuor n° 1

  • Composé à Vancouver et Toronto, avril-mai 1970.
  • Commandé par le Quatuor Purcell.
  • Crée par le Quatuor Purcell à Vancouver le 16 juillet 1970
  • Prix Arthur Honegger 1980.

Écrit en 1970, le premier quatuor est l'œuvre d'un jeune et fougueux compositeur dont le langage fait déjà preuve d'une forte personnalité et d'une grande originalité. Dès cette première œuvre, les bases de l'écriture pour quatuor à cordes de Schafer sont jetées. On y retrouve de longues séquences en unissons aux quatre instruments, des motifs rythmiques accrocheurs, une intensité dramatique, un puissant lyrisme, des chants mélodiques au violon et l'utilisation expressive des quarts de tons et des glissandi.

La métrique chez Schafer est tantôt d'une précision absolue et sans équivoque, tantôt empreinte d'une liberté et d'un souffle magiques. L'utilisation de repères de minutage en tant que guides de durée permet ce jeu de liberté «contrôlée». Le premier quatuor s'ouvre par une section de plus de quatre minutes d'une intensité peu commune.

Les quatre instruments sont amalgamés les uns aux autres et chacun d'eux essaie tant bien que mal de se libérer de l'emprise du groupe. Finalement c'est le deuxième violon qui se libère complètement et cette brisure mène à une section plus calme et lyrique. Cette section, tranquille, arrive comme une surprise.

Après quelques hésitations (glissandi de quart de ton), le premier violon entame un chant soutenu par les autres instruments au moyen d'une séquence microtonale de huit notes dans un intervalle d'un demi- ton. Un dialogue expressif des violons encadre les deux sections microtonales, la seconde étant brodée de gammes chromatiques du premier violon.

Commence alors un jeu rythmique donnant l'impression d'horloges peu à peu décalées les unes des autres. Ce jeu entre le deuxième violon et l'alto témoigne que les instruments ne sont plus tout à fait liés et que la rupture est devenue inévitable. Cependant, les quatre instruments se retrouvent ensuite pour une longue séquence à l'unisson débutant dans le pianissimo et l'hésitation. Chaque musicien tentera encore une fois de se libérer de l'emprise du groupe, comme s'il cherchait à sauter hors de ce train qui file à un rythme de plus en plus infernal. Une nouvelle brisure mène à la coda en forme de clichés photographiques nous rappelant les différents épisodes du quatuor.


Enregistrement réalisé en présence de R. Murray Schafer

Enregistrement réalisé en présence de R. Murray Schafer

Quatuor n° 2

  • Composé à Monteagle Valley, Ontario. janvier-octobre 1976.
  • Créé par le Quatuor Purcell à Vancouvert le 24 novembre 1976.
  • Prix Jules-Léger pour la nouvelle musique de chambre en 1978.

« On ne peut pas entrer deux fois dans le même fleuve. »
-Héraclite

Le deuxième quatuor est inspiré des recherches du World Soundscape Project dans lequel Schafer a étudié les phénomènes acoustiques de l'environnement naturel et urbain. Ce quatuor est sous- titré Waves et dépeint le rythme du bris et du ressac des vagues des océans Atlantique et Pacifique des côtes canadiennes. Les recherches de Schafer ont montré que le rythme des vagues est toujours asymétrique mais que le temps écoulé entre chacune d'elles se situe presque toujours entre six et onze secondes. La structure et le rythme de ce deuxième quatuor sont basés sur ce temps marin. œuvre impressionniste et pleine de subtilités, ce second quatuor offre un grand contraste avec le premier.

Bien que le compositeur nous assure que la musique de ce quatuor n'est pas descriptive, on ressent à l'écoute de Waves tant les subtilités et le murmure de l'eau calme que la force et l'élan des vagues en haute mer. D'une richesse et d'un raffinement éloquents, les textures de ce quatuor sont très impressionnistes et semblent sans cesse fuir vers l'avant en des transformations toujours renouvelées. Schafer emploie une écriture qui évoque la fluidité avec, par exemple, des motifs qui s'enchevêtrent, qui se dissolvent, qui jaillissent et qui se dispersent.

Les nombreux motifs qui parcourent l'œuvre sont sans cesse présentés sous de nouvelles formes rythmiques, de nouvelles nuances et de nouveaux tempi. Tel un Héraclite moderne, Schafer évoque le mouvement continuel de l'eau par des ondulations dynamiques en crescendi et diminuendi et par d'incessantes variations des motifs.

Comme le rythme naturel des vagues, ce quatuor se déroule en cycles successifs de six à onze secondes.

C'est dans les dernières minutes du deuxième quatuor que débutent les jeux de spatialisations et de déplacements. La position physique des instrumentistes à la fin de l'œuvre sera d'ailleurs celle que l'on retrouvera au début du quatuor suivant.


Quatuor n° 3

  • Composé à Monteagle Valley, Ontario, juin 1981.
  • Commandé par la Canadian Broadcasting Corporation pour le Quatuor à cordes Orford.
  • Créé par le Quatuor à cordes Orford à Boston le 30 septembre 1981.

Le troisième quatuor est une œuvre de contrastes et de grande puissance dramatique. Il est le seul des sept quatuors à cordes de Schafer qui soit écrit en trois mouvements. L'œuvre débute par une grande cadence de la violoncelliste, seule sur scène. Axée autour de la note la, cette section est fort dramatique et met en évidence les frottements microtonaux. Ceux- ci produisent des battements très puissants lorsque la tension entre deux notes est à son comble. Peu à peu, une phrase mélodique se dégage de l'emprise du pôle tonal la.

Tour à tour émergeant des coulisses et de derrière le public, les deux violons et l'alto font entendre des lignes musicales très contrastantes et non- convergentes entre elles, comme si chacun des instrumentistes jouait pour lui- même et non avec le groupe. L'écriture de ce mouvement est en effet très horizontale et les parties sont presque toujours indépendantes les unes des autres. Le mouvement se termine lorsque les quatre cordistes sont enfin réunis sur scène, dans la configuration habituelle du quatuor.

Le mouvement central est d'une grande force émotive et dramatique. Les attaques des notes et les accents sont renforcés par des effets vocaux rappelant les cris de karaté (bê, djê, dzi).

Schafer exige aussi des musiciens qu'ils crient d'autres vocables en rythme avec la musique (ba chi, om ba, da ba). Énergie, force et endurance sont nécessaires pour mener à terme ce mouvement dont le drame tourne parfois au comique.

Les unissons et le calme mystique du début du dernier mouvement offrent un contraste saisissant avec la musique précédente. La magie des quarts de ton crée alors une atmosphère méditative très émouvante. La rupture graduelle de l'unisson et le départ du premier violon laissent planer l'interrogation et le mystère sur la fin de cet étonnant quatuor à cordes. C'est en effet dans cette conclusion que Schafer introduit ce qu'il appelle les «sons fantômes» qui laissent l'auditeur dubitatif quant à la fin exacte de l'œuvre. Entendons-nous réellement la séquence ré- do- la du premier violon ou n'avons nous que l'impression d'entendre ces sons ravivés par notre mémoire ?


Quatuor n° 4

  • Composé à Indian River, Ontario, terminé le 5 janvier 1989.
  • Commandé pour le 20e anniversaire du Quatuor Purcell grâce au soutien du Conseil des Arts du Canada et de M. et Mme Dr Roland Bowman.
  • Créé par le Quatuor Purcell avec Margarita Noye, soprano et Joan Blackman, violon, à Vancouver le 18 avril 1989.

Après une pause de sept ans, Schafer se remet à l'écriture pour quatuor grâce à une commande du Quatuor Purcell. Cette œuvre commencée à la fin de 1988 et terminée en janvier 1989, reprend et intègre des éléments de son grand cycle Patria. Le quatuor commence avec des accords mystérieux soutenant le premier violon qui entame son chant depuis l'arrière- scène. Après ce début très lyrique, la tension dramatique monte avec de brillants passages à l'unisson du trio. Le premier violon apparaît alors enfin sur scène pour entamer le dialogue. Le calme revient avant l'explosion rythmique et pleine d'entrain de la seconde section de l'œuvre qui rappelle Chostakovitch. Brillantes envolées, ostinati, glissandi et cascades de pizzicati expriment alors la joie de vivre et le bonheur.

Cette section est de forme A - A' : les éléments de la première partie étant modifiés, développés et présentés dans une nouvelle succession.

La mort prématurée de son ami, le poète de renom bp Nichol, influença Schafer dans l'écriture de ce quatuor. Nichol avait participé peu avant son décès à la grande fresque Patria et y joua le rôle de présentateur. En sa mémoire, Schafer intègre à son quatuor un des thèmes joués par Nichol. La troisième section est annoncée par trois violents agrégats d'accords dissonants, sortes de coups du destin. Après ce choc, cette musique mystérieuse et très intérieure serait- elle l'instant de recueillement du compositeur face à la mort de son ami ? L'émotion y est très tangible.

À la fin de l'œuvre, lorsque soutenus par les harmoniques du quatuor, une voix et un violon se font entendre depuis l'arrière- scène, l'atmosphère est irréelle... comme si ces voix nous parvenaient de l'au- delà. Laissons au compositeur le soin de conclure à ce propos : «Un autre élément qui m'a influencé pour l'utilisation de la voix dans ce quatuor est la nouvelle de E. T. A. Hoffmann, The Cremona Violin (Rath Krespel) dans laquelle un luthier fou empêche sa fille, qui a une voix superbe, de chanter. Un soir, elle chante et meurt. Au moment de sa mort, le violon de son père se fend. Elle était l'âme de l'instrument. La chanteuse réapparaîtra dans le septième quatuor, sous la forme d'un spectre dément.»


Le Quatuor Molinari au travail avec R. Murray Schafer

Le Quatuor Molinari au travail avec R. Murray Schafer

Quatuor n° 5  «Rosalind»

  • Composé à Indian River, Ontario, terminé le 4 octobre 1989.
  • Commandé pour le 25e anniversaire du Quatuor à cordes Orford par Stan Witkin et le Conseil des arts de l'Ontario.
  • Créé par le Quatuor à cordes Orford à Toronto le 17 décembre 1989.

Commandé par l'homme d'affaires torontois Stan Witkin, ce cinquième quatuor à cordes de Schafer a été offert en guise de cadeau de cinquantième anniversaire à Rosalind, l'épouse de l'homme d'affaires. Cette œuvre, écrite dans la continuité du quatrième quatuor, débute avec l'exacte phrase finale de celui- ci et en reprend les qualités lyriques.

De caractère parfois très romantique et sensuel, cette œuvre sous- titrée Rosalind, offre aussi des sections très entraînantes et envoûtantes où se superposent des rythmes complexes. La grande variété de jeux de caractères et la rapidité avec laquelle les épisodes se succèdent, distinguent ce quatuor de ses prédécesseurs.

Le compositeur a livré à Montréal ses intentions concernant ce cinquième quatuor : «Ma préoccupation majeure était d'écrire une pièce représentative de ce que j'appellerais le temps existentiel. Qu'est- ce que ça veut dire ? Je parle du temps tel que nous le percevons entre une tasse de café et un mal de dents. Partout dans nos vies, le temps est structuré pour nous. La musique est une de ces structures; le rythme, la durée, le temps, la forme, le mouvement, tous ces éléments projettent une sorte de facticité par rapport à nos changements d'humeur. Je voulais créer une pièce où la modulation d'un état à un autre ne permettrait pas à l'auditeur de cerner le moment précis du changement. Pour un jeune compositeur, il est très difficile d'établir des liens entre deux idées différentes. Les idées viennent facilement, la façon de les intégrer requiert toutefois plus de travail. Pour moi, un grand compositeur se distingue par sa façon de pouvoir créer des modulations indécelables d'un état à un autre; et il est d'autant plus étrange de constater que ce processus est extrêmement difficile quand on réalise que c'est le déroulement naturel de la vie.» Les deux principaux thèmes de l'œuvre sont tirés de Patria, l'œuvre maîtresse de Schafer. Nous y retrouvons le thème du loup

qui est une traduction musicale libre du hurlement de l'animal ainsi que le thème d'Ariane

dont l'amplitude lui confère un caractère lyrique. Ce dernier thème peut être considéré comme le fil d'Ariane des quatuors de Schafer. En effet, il est présent dans de nombreux quatuors et a toujours une importance significative. Ces deux thèmes seront variés et même juxtaposés tout au long de ce cinquième quatuor.

Le chatoiement des crotales jouées par les membres du quatuor à la toute fin de l'œuvre produit un effet saisissant au moment où l'on entend justement le thème d'Ariane une dernière fois.


Le Quatuor Molinari en enregistrement

Le Quatuor Molinari en enregistrement.

Quatuor n° 6  Parting Wild Horse's Mane

  • Composé à Indian River, Ontario terminé le 3 mars1993, copié et révisé le 13 avril 1993.
  • Commadé par Michael Kœrner, le Conseil des Arts du Canada et la Canadian Broadcasting Corporation pour le Scotia Festival.
  • Créé au Scotia Festival par le Quatuor Gould en juin 1993.

Le sixième quatuor tire sa forme, sa structure et son élan de la série des 108 mouvements de l'art martial chinois du Tai Chi. Dans ce quatuor, les liens qui unifient le cycle des quatuors de Schafer atteignent leur apogée. En effet, presque tout le matériau musical de ce sixième quatuor est tiré des cinq quatuors précédents. Un véritable tour de force du compositeur ! Un seul nouveau thème y apparaît, celui de la forêt appelé Tapio, d'un caractère rythmique accrocheur.

Ce thème sera repris et développé à souhait dans le septième quatuor.

En guise d'exemple de cette grande maîtrise d'écriture de Schafer, mentionnons que dans certains épisodes de ce sixième quatuor, les quatre instrumentistes jouent simultanément des passages tirés de cinq quatuors différents ! Voici une brève description  :

Le premier violon présente le thème du loup du 5e quatuor et un motif en tierces tiré du 3e quatuor, le second violon, l'alto et le violoncelle évoquent simultanément trois passages distincts de Waves (2e quatuor) et les pizzicati du violoncelle sont tirés du 4e quatuor. Enfin, le dernier motif joué par l'alto dans ce passage est tiré du 1er quatuor.

Source d'inspiration de ce quatuor, l'art martial chinois du Tai Chi est une gymnastique mentale et physique. Les gens qui le pratiquent lui reconnaissent de nombreux effets bénéfiques tels l'accroissement du niveau de concentration, la réduction du stress, le développement de la flexibilité, l'augmentation de la coordination et de l'équilibre. Les mouvements du Tai Chi sont en général lents. Dans le sixième quatuor, l'esprit particulier du Tai Chi est repris et intégré à la musique. Selon les vœux du compositeur, l'œuvre peut être interprétée avec ou sans la participation d'un Tai Chi'iste exécutant les mouvements de gymnastique chinoise en synchronisation avec la musique. Il n'y a cependant pas de pléonasme entre l'intensité sonore de la musique de Schafer et ce que l'on peut voir des mouvements du Tai Chi'iste. Par exemple, une grande énergie musicale peut correspondre à une retenue physique extrême.

La séquence complète du Tai Chi comporte 108 mouvements dont 58 sont différents. Le quatuor s'ensuit de même avec 108 sections fondées sur 58 idées distinctes, elles- mêmes issues de thèmes communs. La partition manuscrite du quatuor indique très clairement chacune des 108 sections par le nom du mouvement de Tai Chi en chinois et en anglais. La musique de ce quatuor est d'une fluidité étonnante. L'élan musical n'est jamais interrompu grâce aux subtiles transitions que Schafer ménage entre les sections. Puisque toute la musique de ce quatuor est tirée des œuvres précédentes, nous retrouvons la force rythmique, les envolées lyriques, la maîtrise de l'écriture, la liberté agogique et la riche imagination si caractéristiques de Schafer.


Le Quatuor Molinari et R. Murray Schafer après l'interprétation du 7e quatuor au Chan Centre, lors du Festival Vancouver, le 2 août 2000.

Le Quatuor Molinari et R. Murray Schafer après l'interprétation du 7e quatuor au Chan Centre, lors du Festival Vancouver, le 2 août 2000.

Quatuor n° 7 avec soprano obligé

  • Composé à Indian River, Ontario, terminé le 15 décembre 1998.
  • Commandé par le Quatuor Molinari avec l'aide de Radio-Canada (Montréal), de la Canadian Broadcasting Corporation (Toronto) et du Conseil des Arts du Canada.
  • Créé en version concert par le Quatuor Molinari et le soprano Nathalie Paulin, à Ottawa le 4 mai 1999.
  • Créé en version scénique par le Quatuor Molinari et le soprano Marie-Danielle Parent, à Montréal, le 11 décembre 1999.

Œuvre musicale à la fois violente et tendre, dansante et statique, exprimant la détresse aussi bien que la joie, ce quatuor avec soprano obligé se distingue des autres œuvres de Schafer par l'éclatement extrême des conventions classiques de l'écriture pour quatuor à cordes.

L'éclatement de la forme s'effectue dans cette œuvre à travers les nombreux solos, duos, trios, quatuors et quintettes qui permettent des effets sonores inédits et originaux. À un point encore jamais atteint dans les quatuors précédents, l'unicité de lieu n'existe plus. La scène, l'arrière- scène, les coulisses et les bas- côtés deviennent autant d'endroits d'où la musique arrive. La musique bouge. Un harnais spécial a même été fabriqué pour permettre à la violoncelliste d'effectuer des déplacements tout en jouant. Cet éclatement du lieu met en valeur la spatialisation et l'éloignement sonores, la quadriphonie, les micro- décalages et la mise en scène.

Julie Trudeau dans son costume du 7e quatuor de Schafer au Chan Centre lors du Festival Vancouver, le 2 août 2000.

Julie Trudeau dans son costume du 7e quatuor de Schafer au Chan Centre lors du Festival Vancouver, le 2 août 2000.

Pour cet enregistrement, le Quatuor Molinari et R. Murray Schafer ont opté pour une version comportant un minimum de déplacements des musiciens afin de conserver une plus grande qualité d'enregistrement dans un cadre stéréophonique.

Malgré l'éclatement de la forme, ce septième quatuor entretient cependant d'étroites correspondances avec le corpus tout entier. Ainsi, la première phrase de l'œuvre jouée par le violoncelle et l'alto est une reprise du tout début du sixième quatuor. S'ensuit une entrée dramatique du premier violon déclamant une variation dissonante du thème d'Ariane. Un peu plus loin, on reconnaîtra aisément le retour du thème de Tapio qui deviendra obsédant dans ce quatuor.

Ces citations fort apparentes ne doivent pas nous méprendre  : chaque nouvelle œuvre proposant en effet une relecture et un enrichissement des idées musicales des quatuors précédents. Tout fait trace : les anciens matériaux sont repris sous des dehors renouvelés, les nouvelles idées fécondent notre compréhension des motifs connus, toute la matière sonore s'impose avec une nécessité quasi organique. Cette variation perpétuelle d'un matériau commun constitue à nos yeux une sorte de «signature musicale» de Schafer.

À la formation classique du quatuor à cordes s'ajoute désormais un soprano obligé et le jeu de couleurs des instruments de percussion (wood block et cheng cheng). La structure de ce septième quatuor fait alterner le quatuor à cordes comme entité et les interventions du soprano. Cependant lorsque le soprano chante, le quatuor se voit obligé de jouer un rôle d'accompagnateur. Les nombreuses interruptions que le soprano impose au quatuor et ses commentaires étranges (dont les textes sont tirés du journal d'une schizophrène) brisent l'élan de ce dernier qui ne reprend ses droits que lors des absences du soprano.

À la fin de l'œuvre, les cinq musiciens se retrouvent sur scène pour la première fois et font alors don d'une musique brillante et unificatrice.

La rencontre de deux grands artistes, R. Murray Schafer et Guido Molinari, a donné à ce quatuor un élément visuel important qu'il est utile de mentionner ici, même si cet aspect ne peut être appréhendé par le disque. Les quatre couleurs primaires si chères à Molinari se retrouvent chacune associées à un musicien et colorent la ligne musicale de chacun d'eux.

Les musiciens du Quatuor Molinari et le soprano Marie-Danielle Parent dans leurs costumes colorés du 7e quatuor de Schafer, le 24 novembre 1999

Les musiciens du Quatuor Molinari et le soprano Marie-Danielle Parent dans leurs costumes colorés du 7e quatuor de Schafer, le 24 novembre 1999.

Le rouge au premier violon représente le feu, le bleu au deuxième violon est symbole de l'eau, le vert au violoncelle est celui de Tapio, l'esprit de la forêt des légendes finlandaises du Kalevala et le jaune à l'alto est symbole de lumière. Le rôle particulier dévolu au soprano est expliqué par le compositeur : «Je ne voulais pas écrire une pièce où le soprano attend patiemment, pendant trois mouvements interprétés par les musiciens, pour se joindre à eux dans une apothéose à la fin. En réfléchissant à son rôle dans la pièce, je m'arrêtai à sa couleur, le blanc, qui symbolise la pureté, mais qui aussi rappelle les hôpitaux, donc la maladie, et qui est la couleur de la mort et des processions funéraires en Chine. Le hasard a voulu que je découvre un texte écrit par une schizophrène anonyme dans un asile psychiatrique. C'était la solution : la chanteuse apparaîtrait subrepticement tout au long de la pièce, en chantant des textes absurdes, musicaux et à caractère sexuel.» Pour la version scénique complète de l'œuvre, Guido Molinari a réalisé des toiles et des sculptures qui sont intégrées à la présentation du quatuor. Selon nous, c'est par des écoutes répétées des quatuors que l'on pourra se familiariser avec chacun d'eux et apprécier ainsi pleinement leurs beautés particulières. Nous croyons aussi que c'est par une écoute en continu du cycle des sept quatuors que l'on accédera à toutes les richesses et à la profonde unité de cette musique.

Les instruments des membres du Quatuor Molinari en harmonie avec les sculptures conçues par Guido Molinari pour le 7e Quatuor de R. Murray Schafer.

Les instruments des membres du Quatuor Molinari en harmonie avec les sculptures conçues par Guido Molinari pour le 7e Quatuor de R. Murray Schafer.


Texte chanté par le soprano dans le 7e quatuor de Schafer

De la collection de Mlle Marion Kalmann, directrice des soins infirmiers. La Clinique neuropsychiatrique, Université de l'Illinois, publié dans Vision in Motion, L. Moholy-Nagy, Chicago, 1947, p. 323.
(Traduction de Martin Joset)

1.

Gémis si tu veux
et arme-toi et geinds et crie
prends ton essor et fonce
toi, soufflante ardeur
grince et gronde
rapproche-nous, encore, encore...
Mais les hommes savent-ils lorsque tu leur demandes ?
Ils disent que c'est caréné...ça brille... et ça file comme
une chauve-souris sortie de l'enfer
une chauve-souris sortie de l'enfer
une chauve-souris sortie de l'enfer.

Moan if you will
and steel and groan and cry
soar and zoom
you chugging flame
grind and roll
bring us closer, closer, closer ...
But do men know when you ask them?
They say it's streamlined ... it shines... and it gœs like
a bat out of hell
a bat out of hell
a bat out of hell.

2.

Et pourquoi William Shakespeare écrivit-il ?
Je te le demande.
Une chose simple... il vécut.

Chaque chant devrait être aussi beau que le mien
chaque voix aussi claire
mais de sombres années funestes
de bonnes et de funestes années
de funestes et de bonnes années
palpitent, tournoient, ondoient, traînassent, ballent, pleurent,
chantent, chantent, chantent...

And why did William Shakespeare write?
I ask you.
A simple thing ... he lived.

Each song should be as beautiful as mine
each voice should ring as clear
but dark and evil years
good and evil years
evil and good years
are pulsing, whirling, rolling, lagging,
tossing, crying,
singing, singing, singing ...

3.

Merci d'avoir lancé les ronces de cristal de mon côté Monsieur,
elles seront peut-être bien utiles,
aussi, merci, merci...

Il en aurait été autrement si tu avais analysé
Il en aurait été autrement si tu avais critiqué
Il en aurait été autrement si toi et moi avions piqué du nez contre terre.

Si toi et moi étions musique... la vraie musique... Je saurais expliquer.
Mais nous devons l'attendre, je veux dire : la musique...
lorsque chaque note est pesée
lorsque les émotions sont attentivement exprimées en contrepoint
quoiqu'il en soit en attendant, seulement de banals remerciements.

Par ailleurs j'aime ton nez.

Thanks for tossing the crystal brambles my way sir,
they may come in handy,
so thank you, thank you ...

It wouldn't have been the same if you had
analyzed
It wouldn't have been the same if you had
criticized
It wouldn't have been the same if you and I
had our noses in the earth.

If you and I were music ... real music ...
I could explain.
But we must wait for that, I mean the music ...
when each note is weighed
when emotions are expressed carefully by contrapuntal —
however in the meantime just an ordinary thanks.

By the way I like your nose.

4.

Contemple
contemple

Musique, tu t'approches
musique, je t'attends
me mouvant doucement, harmonieusement...
alors que les autres, évachés, rêvassent et attendent
j'entends tes pas, comme des notes, partout
battant, battant, battant, battant,
agite ces atomes qui détonnent
Je veux de la musique
Je veux chanter.

Contemplate
contemplate

Music, you're coming near
music, I wait for you
stealing softly, harmoniously ...
while others lie dreaming and wait
I hear your note- like footsteps everywhere
beating, beating, beating, beating,
stir those jarring atoms
I want music
I want to sing.


Marie-Danielle Parent, soprano

Marie-Danielle Parent, soprano

Le soprano Marie-Danielle Parent mène une carrière remarquable, tant à l'opéra qu'en récital ou en concert, tant dans le grand répertoire classique que dans la musique contemporaine.

Sur la scène lyrique, Marie- Danielle Parent s'est notamment illustrée à l'Opéra de Québec et à l'Opéra de Montréal où elle a chanté de nombreux rôles.

Au concert, elle s'est produite avec un grand nombre d'orchestres canadiens. Interprète inspirée du répertoire contemporain, Mme Parent chante régulièrement à la Société de musique contemporaine du Québec et elle a aussi eu le privilège de créer de nombreuses œuvres importantes signées par des compositeurs québécois.

On peut mentionner Lonely Child de Claude Vivier, Avec (Wampum symphonique) de Gilles Tremblay, Offenes lied de John Rea, Heureux qui comme ..., Éternité et Complainte de la passion de Denis Gougeon.


Citations de presse sur le CD des Sept quatuors de R. Murray Schafer

«La profondeur des œuvres comme l'extrême excellence de l'interprétation forcent plus que l'admiration : un profond respect d'être gratifié de pouvoir entendre une telle musique.»

François Tousignant, Le Devoir, 17 septembre 2000

«Le Molinari joue cette musique avec une précision technique, une beauté sonore et un engagement sur lesquels tout a été dit, et ces qualités sont reproduites ici à la perfection tout comme la voix hallucinante de Marie-Danielle Parent.»

Claude Gingras , La Presse, 23 septembre 2000

«Les Molinari s'accordent parfaitement aux exigences stylistiques de l'œuvre.»

Arthur Kaptainis, The Gazette, 7 octobre 2000

«Cet enregistrement du Molinari s'affirme en tant que nouvelle référence.»

Arthur Kaptainis, The Gazette, 7 octobre 2000

«Je doute qu'un plus important enregistrement de musique de chambre voit le jour au Canada au cours des prochaines années.»

William Littler, Toronto Star, 14 octobre 2000

«Par la qualité exceptionnelle de l'exécution, cette intégrale s'impose d'emblée comme l'une des réalisations les plus significatives du paysage discographique canadien et ce, depuis plusieurs années.»

Alain Bénard, Journal de Montréal, 21 octobre 2000

«Ce tout premier enregistrement, consacré aux quatuors du compositeur canadien R. Murray Schafer, constitue une référence qui place d'emblée l'ensemble dans la catégorie des Arditi et autres quatuors de grande classe.»

Dominique Olivier, La Scena Musicale, novembre 2000

«Une parution marquante du monde du disque.»

Rick MacMillan, Opus, hiver 2000

«On ne peut faire de plus grand éloge sur leur étonnante virtuosité et leur éloquence passionnée.»

Michael Oliver, International Record Review, janvier 2001

«La grande connaissance de ses musiciens avec l'expression musicale et les propos du compositeur s'ajoute au brio et au flair charismatique de cet enregistrement.»

Catherine Nelson, The Strad, avril 2001

«Le jeu du Molinari combine l'énergie d'un jeune ensemble avec la maturité d'un quatuor établi depuis de nombreuses années.»

Guy Rickards, Gramophone, mai 2001


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