Hommage à Otto Joachim



Hommage à Otto Joachim

1:13:39

1 — Stacheldraht (1983) (18:43)
Colombe Demers, récitante
Ensemble de la SMCQ
Direction : Walter Boudreau
Prise de son : Alain Chénier
Réalisation : Laurent Major
Radio-Canada

2 — Quatuor à cordes (1997) (9:58)
Extrait sonore : Real audio | QuickTime
Prise de son : Alain Chénier
Réalisation : Laurent Major
Radio-Canada

3 — Métamorphoses (1995) (11:31)
Orchestre Métropolitain
Direction : Joseph Rescigno
Prise de son : Alain Chénier
Réalisation : Christiane Leblanc
Radio-Canada

4 — Paean (1989) (17:16)
Violoncelle solo : Guy Fouquet
Réalisation : Laurent Major
Radio Canada

5 — Illumination II (1969) (22:54)
Ensemble instrumental


Biographie d'Otto Joachim

Mireille Gagné,
directrice, Centre de musique canadienne au Québec
(juin 2000)

Doyen des compositeurs au Québec, Otto Joachim est né à Düsseldorf, en Allemagne le 13 octobre 1910. Ses études musicales (violon et alto) occupent une partie importante de sa jeunesse. Il s'essaie même à la composition avec Asia, un poème symphonique auquel il travaille de 1928 à 1939. Il pensait bien faire carrière en Allemagne, mais la venu d'Hitler change radicalement le cours de sa vie. Il quitte son pays en 1934 pour l'Extrême-Orient. Il y séjourne presque seize ans en exerçant son métier de musicien. De Singapour en passant par Shanghai, il arrive au Canada en 1949 et il s'établit à Montréal.

Il enseigne le violon, l'alto et la musique de chambre au Conservatoire de musique du Québec à Montréal et à Québec, ainsi qu'à la Faculté de musique de l'Université McGill. On le retrouve également comme alto-solode l'Orchestre symphonique de Montréal et de l'Orchestre de chambre McGill. Infatigable entrepreneur, il fonde en 1955 le Quatuor à cordes de Montréal, puis en 1958, Le Montreal Consort of Ancient Instruments qu'il dirige jusqu'en 1968.

C'est aussi à Montréal qu'il intensifie son travail de composition. Il adopte au départ la technique dodécaphonique, mais d'une façon assez libre. Il s'intéresse aussi à la musique aléatoire et aux découvertes de l'élecroacoustique en construisant son propre studio de musique électronique en 1956.

Otto Joachim aime explorer la matière sonore, établir des liens entre la matière et le son. De plus, l'aspect visuel compte dans la conception de plusieurs de ses oeuvres et il utilise, entre autres, une écriture graphique dans ses partitions. Il faut dire qu'Otto Joachim est aussi peintre dans ses temps libres.

Micheline Coulombe Saint-Marcoux parlait de lui en ces termes  :

«Comment cerner le personnage pour le présenter fidèlement sous ses multiples facettes? Otto Joachim fait partie de ces êtres dont le potentiel musical et intellectuel est considérable et qui savent exploiter leurs dons dans toute leur plénitude. Facteur d'instruments, épris d'authenticité dans l'exécution de la musique ancienne, tout en étant à la fine pointe des progrès techniques, il convie passé et présent à une cohabitation où les rapports mutuels s'enrichissent constamment. Deux pôles qui semblent diamétralement opposés, mais dont le dénominateur commun réside dans la détermination de trouver les moyens adéquats d'expression du langage musical dans son intégrité.»*

Il a obtenu des commandes prestigieuses dont celle pour la musique du pavillon canadien de l'Expo 67, Katimavik, une de la Société Radio-Canada pour Illumination II (1969) qui lui vaut le Grand Prix Paul-Gilson (premier canadien à gagner ce prix), et d'autres notamment de la SMCQ et de l'Orchestre symphonique de Toronto. Par ailleurs, il a reçu plusieurs honneurs comme le Prix Calixa-Lavalée (1990), le titre de Chevalier de l'Ordre national du Québec (1993) et un Doctorat Honoris Causa de l'Université Concordia (1994).

Otto Joachim, force de la nature, possède une énergie sans limite et une vitalité créatrice qui en font un phare pour le milieu musical de chez nous.

(*) Tiré du Fascicule «Otto Joachim», Coll. Compositeurs au Québec, CMC au Québec, 1980.


Quatuor à cordes (1997)

  • Créé le 10 mars 2000 par le Quatuor Molinari dans le cadre d'un concert de sa série Musiques du XXe siècle, concert coproduit avec la Chaîne culturelle de Radio-Canada.

Otto Joachim a trouvé la source d'inspiration de son Quatuor à la suite d'une visite à Séoul, en Corée du Sud, où il agissait en tant que répétiteur pour la section des violons de l'Orchestre Mondial des Jeunesses Musicales. Ayant vécu pendant seize ans en Malaisie et en Chine, ce retour en Asie, en 1977, lui permit de renouveler son intérêt pour la musique asiatique. Ce quatuor intègre des traces de musique coréenne avec des structures dodécaphoniques et aléatoires Originellement conçue comme un trio à cordes, cette oeuvre fut transformée en un quatuor à cordes.


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